En Bref
L’installation d’une gouttière PVC figure parmi les chantiers de rénovation les plus accessibles à un bricoleur amateur, à condition de respecter quelques règles précises.
Une pente insuffisante, des crochets trop espacés ou un diamètre mal choisi suffisent à transformer une gouttière neuve en source de débordements dès la première grosse pluie.
Ce guide détaille chaque étape de la pose, mais aussi un point que la plupart des tutoriels laissent de côté : comment choisir la bonne taille de gouttière selon la surface réelle de votre toiture.
Le matériel nécessaire pour poser une gouttière PVC
Avant d’acheter quoi que ce soit, mieux vaut dresser la liste précise des matériaux et outils nécessaires à ce chantier.
Les profilés et accessoires
Le système complet comprend des barres de gouttière (2 ou 4 mètres selon les fabricants), des crochets de fixation, des jonctions pour relier les barres entre elles, des fonds de gouttière pour fermer les extrémités, des angles à 90° ou 135° selon la forme du toit, une naissance qui capte l’eau vers la descente, et des coudes pour orienter le tuyau de descente le long du mur.
Achetez systématiquement 10 % de profilés en plus par rapport à votre métré : les chutes de découpe et les erreurs d’ajustement sont presque inévitables sur un premier chantier.
Les outils
Une scie à métaux ou une scie à denture fine pour couper le PVC net, un mètre laser ou un cordeau traceur pour matérialiser la pente, un niveau, une perceuse-visseuse, et selon le système choisi, de la colle PVC spécifique ou simplement les joints d’étanchéité fournis avec les raccords à clipser.
Pour le travail en hauteur, une échelle homologuée ou un échafaudage roulant reste indispensable dès que la façade dépasse un étage, idéalement avec une deuxième personne présente au sol.

Bien dimensionner sa gouttière selon la surface du toit
C’est l’étape que la plupart des guides de pose passent sous silence : une gouttière PVC ne se choisit pas seulement pour son style, mais avant tout pour sa capacité à évacuer l’eau du pan de toiture qu’elle dessert.
Le DTU 60.11 encadre ce dimensionnement selon la surface du toit en croisant deux données : la surface de toiture à évacuer et l’intensité pluviométrique de la région, qui varie en France d’environ 0,03 l/s/m² en climat océanique modéré à 0,05 l/s/m² en climat méditerranéen.
Une même surface de toit demande une gouttière plus généreuse sur la côte méditerranéenne que dans l’intérieur des terres : l’intensité des pluies y est presque 70 % plus élevée, ce qui réduit d’autant la surface maximale admissible pour un même profil.
| Profil de gouttière | Surface de toit max. | Diamètre de descente |
|---|---|---|
| Demi-ronde Ø 25 (développé 250 mm) | jusqu’à 35 m² | 80 mm |
| Demi-ronde Ø 33 (développé 330 mm) | jusqu’à 70 m² | 100 mm |
| Demi-ronde Ø 40 (développé 400 mm) | jusqu’à 110 m² | 120 mm |
Au-delà de 110 m² par descente, ou pour une toiture complexe à plusieurs pans, un chéneau ou un calcul personnalisé par un professionnel devient nécessaire pour éviter tout débordement.
Calculez le profil adapté à votre toiture
Renseignez la surface du pan de toit à évacuer et votre zone climatique pour obtenir une orientation de dimensionnement.
Estimation indicative basée sur les ratios du DTU 60.11, à affiner avec un professionnel pour un projet définitif.
Les étapes pour poser une gouttière PVC
Une fois le matériel réuni et le profil choisi, la pose elle-même suit une logique précise, du point le plus haut du toit vers la descente.
1. Prendre les mesures et repérer le point haut
Mesurez le linéaire total de chaque pan à équiper, en ajoutant environ 10 % pour les découpes et les raccords.
Repérez le point le plus haut de la ligne de gouttière : c’est là que le premier crochet sera fixé, le plus près possible de l’angle du toit, à quelques centimètres de l’extrémité de la planche de rive.
2. Fixer les crochets avec la bonne pente
Le DTU 60.11 impose une pente minimale de 5 mm par mètre linéaire vers la naissance de descente. Sur une gouttière de 8 mètres, cela représente un dénivelé total de 4 cm entre le point haut et le point bas, une différence suffisamment nette pour se voir à l’œil nu si elle est correctement respectée.
Tendez un cordeau entre le premier crochet et l’emplacement prévu du dernier, en tenant compte de cette pente, puis fixez les crochets intermédiaires tous les 50 à 60 cm en suivant ce fil directeur.
Avant de visser le dernier crochet, versez un verre d’eau au point haut de la ligne tendue pour vérifier visuellement qu’elle s’écoule bien vers la naissance, sans stagner au milieu du parcours.
3. Poser la gouttière, les jonctions et les angles
Clipsez les barres de gouttière dans les crochets en partant du point haut. Reliez chaque barre à la suivante avec une jonction, sans coller ni visser trop serré : le PVC se dilate avec la chaleur, il faut donc laisser un jeu de dilatation d’environ 5 mm à chaque raccord.
Ce type d’incident revient souvent chez les bricoleurs qui collent une jonction par excès de prudence : sans ce jeu de dilatation, la chaleur estivale peut légèrement gondoler le profilé et obliger à reprendre le raccord.
Aux angles du toit, utilisez les pièces d’angle à 90° ou 135° prévues à cet effet plutôt que de tenter une découpe biseautée manuelle, nettement moins étanche sur la durée.
4. Installer la naissance et la descente
La naissance se positionne au point bas de la ligne de gouttière, orientée pour capter l’eau sans créer de contre-pente locale. Le tuyau de descente s’installe ensuite à environ 2 cm du mur, maintenu par des colliers tous les 1,50 m environ.
En bas de descente, un coude à 45° ou 67° dirige l’eau vers un regard, une cuve de récupération ou un caniveau, jamais directement contre les fondations.

- Respecter la pente de 5 mm/m sur toute la longueur
- Laisser un jeu de dilatation à chaque jonction
- Choisir le profil selon la surface réelle du toit
- Espacer les crochets au-delà de 60 cm
- Coller un raccord censé rester démontable
- Négliger le nombre de descentes sur un long pan
Budget, entretien et gouttière PVC face au zinc ou à l’aluminium
Une fois la pose maîtrisée sur le papier, deux questions reviennent presque toujours : combien ça coûte, et le PVC est-il vraiment le bon choix face aux métaux.
Quel budget prévoir
Comptez de 3 à 8 € le mètre linéaire pour les profilés PVC seuls, ce qui porte le budget fournitures d’une maison standard entre 100 et 200 € pour une pose en autonomie. Faire appel à un professionnel ajoute généralement 300 à 600 € de main-d’œuvre selon la longueur du chantier et la difficulté d’accès, dépose de l’ancienne gouttière comprise.
PVC ou zinc/aluminium
Le PVC se démarque par sa facilité de pose : aucun outillage professionnel de type pince à sertir ou poste à souder n’est nécessaire, contrairement au zinc, et le clipsage à joints rend le démontage possible sans découpe. Sa durée de vie peut atteindre 20 à 30 ans dans de bonnes conditions, mais elle chute nettement en cas de forte exposition aux UV ou de gel intense, certaines installations nécessitant un remplacement dès 10 à 15 ans.
Le zinc et l’aluminium, plus techniques à poser, restent en revanche plus résistants aux chocs et vieillissent différemment : la patine du zinc évolue avec le temps, tandis que le PVC garde globalement sa teinte d’origine mais peut légèrement jaunir en façade sud après de nombreuses années.
Entretenir sa gouttière PVC
Deux passages par an suffisent généralement : au printemps et à l’automne, après la chute des feuilles.
Retirez les débris et résidus végétaux à la main ou avec une pince télescopique, puis rincez au jet d’eau en vérifiant que l’écoulement se fait normalement jusqu’à la descente.
Une gouttière qui goutte en un point précis plutôt qu’en continu signale presque toujours un jeu de dilatation insuffisant à une jonction, pas un défaut de pente général sur toute la ligne.

Chez les bricoleurs qui posent seuls leur gouttière PVC, la vraie difficulté est souvent moins la pose des profilés elle-même que le fait de tenir le cordeau de pente bien droit sur plusieurs mètres, notamment sur un long pan de toiture.

En résumé
Poser une gouttière PVC reste un chantier accessible à un bricoleur méthodique, à condition de respecter la pente de 5 mm par mètre, l’espacement des crochets et le jeu de dilatation aux jonctions.
Le point le plus souvent négligé n’est pas la pose elle-même, mais le choix du bon profil selon la surface réelle du toit à évacuer : un diamètre trop juste condamne la gouttière à déborder dès la première averse un peu soutenue.
Questions pratiques
Quelle distance respecter entre les crochets d’une gouttière ?
L’espacement recommandé se situe entre 50 et 60 cm maximum. Au-delà, le profilé PVC risque de fléchir sous le poids de l’eau, surtout après de fortes pluies ou en cas de gel.
Quel est le prix moyen de la pose d’une gouttière en PVC ?
Comptez 100 à 200 € de fournitures pour une pose en autonomie sur une maison standard, et 400 à 800 € au total en faisant appel à un professionnel, dépose de l’ancienne gouttière et main-d’œuvre comprises.
Peut-on poser une nouvelle gouttière PVC sur d’anciens crochets ?
Uniquement si les crochets sont dans le même profil et en bon état, sans corrosion ni jeu. Dans le doute, mieux vaut les remplacer entièrement : un crochet fatigué ne se voit pas toujours avant qu’il ne cède sous le poids de l’eau.
Faut-il coller ou clipser les raccords d’une gouttière PVC ?
Le clipsage à joints est préférable sur la majorité des points de raccord, car il laisse le jeu de dilatation nécessaire et permet un démontage en cas de fuite. La colle PVC reste réservée aux points fixes précisés par le fabricant, jamais à l’ensemble du réseau.









